Choisir un conseiller en gestion de patrimoine à La Réunion : sept vérifications avant de signer
Yann Delamotte
L'expression « conseiller en gestion de patrimoine » n'est pas protégée par la loi. Ce qui l'est, ce sont les statuts qui permettent d'exercer : le statut de conseiller en investissements financiers, celui de courtier d'assurance et celui de courtier en opérations de banque. Tous trois s'inscrivent au registre ORIAS, consultable gratuitement. Sept vérifications suffisent à savoir à qui vous avez affaire.
Un titre libre, des statuts encadrés
N'importe qui peut apposer « conseiller en gestion de patrimoine » sur une carte de visite. L'expression ne correspond à aucun diplôme obligatoire ni à aucun agrément. Ce qui est encadré, ce sont les activités exercées sous ce titre.
Conseiller sur des placements financiers suppose le statut de conseiller en investissements financiers, défini aux articles L. 541-1 et suivants du code monétaire et financier. Proposer un contrat d'assurance-vie suppose le statut de courtier d'assurance. Monter un financement suppose celui de courtier en opérations de banque et en services de paiement. Ces trois statuts s'inscrivent au registre ORIAS.
Un professionnel qui n'a aucun de ces enregistrements peut légalement vous parler d'organisation patrimoniale. Il ne peut pas vous conseiller un placement, ni vous en vendre un.
Vérification 1 : le numéro ORIAS
Le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance est public et gratuit. Une recherche par nom ou par numéro affiche les catégories dans lesquelles le professionnel est inscrit et l'année de validité de son enregistrement.
L'inscription se renouvelle chaque année. Un numéro qui ne ressort pas, ou qui ressort avec une catégorie absente, se constate en trente secondes.
Vérification 2 : l'association professionnelle agréée
Un conseiller en investissements financiers doit adhérer à une association professionnelle agréée par l'Autorité des marchés financiers. Cette association vérifie sa compétence, contrôle son activité et lui impose une formation continue.
La formulation exacte compte. Un CIF est adhérent d'une association agréée par l'AMF. Il n'est pas « agréé par l'AMF » lui-même, et personne ne peut l'écrire sans erreur.
Vérification 3 : indépendant ou non indépendant
Depuis la directive MIF 2, un conseiller doit vous dire, avant de vous conseiller, s'il fournit son conseil de manière indépendante ou non. Ce n'est pas un jugement de valeur, c'est un régime juridique qui change sa rémunération.
Ce qu'implique le conseil indépendant
Le conseiller doit analyser un éventail suffisant d'instruments financiers disponibles sur le marché, suffisamment diversifiés quant à leur type et à leurs émetteurs, et ne peut pas se limiter aux produits d'entités qui lui sont liées. Surtout, il lui est interdit de conserver tout avantage monétaire ou non monétaire provenant d'un tiers. Les commissions reversées par les producteurs doivent être restituées au client, et sa rémunération vient donc des honoraires.
Ce qu'implique le conseil non indépendant
Le conseiller peut percevoir et conserver des commissions des producteurs. Il doit vous en informer et justifier que cette rémunération améliore la qualité du service rendu.
Aucun des deux régimes n'est supérieur à l'autre dans l'absolu. Ce qui compte, c'est que le statut soit annoncé, que la rémunération soit chiffrée et que vous sachiez d'où vient l'argent que touche votre interlocuteur.
Vérification 4 : la rémunération, écrite et chiffrée
Deux documents doivent vous être remis. Le document d'entrée en relation précise les statuts, les associations et les modes de rémunération. La lettre de mission décrit la prestation, son périmètre et son prix.
Une réponse orale du type « mes conseils ne vous coûtent rien » ne dit pas que le conseil est gratuit. Elle dit que vous ne payez pas d'honoraires, donc que la rémunération vient d'ailleurs. Demandez le chiffre, pas le principe.
Vérification 5 : l'assurance de responsabilité civile professionnelle
Elle est obligatoire pour chacun des statuts et doit figurer dans les mentions légales, avec le nom de l'assureur et le numéro de police. Un cabinet qui n'affiche pas ces informations ne remplit pas une obligation de base.
Vérifiez aussi que le numéro affiché est le bon. Une police périmée ou erronée circule parfois d'un document à l'autre pendant des années.
Vérification 6 : l'éventail réellement accessible
Posez la question directement : combien de compagnies, combien de sociétés de gestion, combien de banques. Et surtout, quelle part de la production annuelle part chez le même fournisseur.
Un cabinet qui travaille avec trois partenaires peut très bien couvrir vos besoins. Un cabinet qui affirme travailler avec trente partenaires et qui place 90 % chez le même n'a pas l'architecture ouverte qu'il annonce.
Vérification 7 : la méthode avant la solution
Un premier rendez-vous qui débouche sur un produit avant d'avoir recensé vos revenus, votre régime matrimonial, vos contrats existants, votre fiscalité et vos objectifs à dix ans ne repose sur rien.
Le cadre réglementaire impose d'ailleurs cette séquence : recueil de la situation, définition des objectifs, évaluation des connaissances et de la tolérance au risque, puis recommandation motivée par écrit. La méthode de travail du cabinet détaille cette séquence.
Les questions à poser au premier rendez-vous
Quels sont vos numéros ORIAS et votre association professionnelle ?
Fournissez-vous un conseil indépendant ou non indépendant ?
Comment êtes-vous rémunéré sur ce que vous me proposez, en euros ?
Quelles sont vos garanties de responsabilité civile professionnelle ?
Combien de fournisseurs utilisez-vous réellement ?
Que se passe-t-il si je veux arrêter, et à quel coût ?
Qui suit mon dossier dans cinq ans ?
Un professionnel à l'aise avec ces sept questions répond en quelques minutes, sans se justifier.
Ce que déclare YD Assurance Conseil Patrimoine
Par cohérence avec ce qui précède, voici les éléments à vérifier sur ce cabinet.
Conseiller en investissements financiers non indépendant, adhérent de l'ANACOFI-CIF sous le numéro E011847, association agréée par l'Autorité des marchés financiers
Courtier d'assurance et courtier en opérations de banque et en services de paiement, ORIAS n° 09 050 867
SIRET 488 035 767 00091
Responsabilité civile professionnelle et garantie financière détaillées dans les mentions légales
Rémunération exposée sur la page honoraires, et chiffrée dans la lettre de mission avant toute intervention
Le statut non indépendant signifie que des commissions peuvent être perçues sur certains contrats. Elles sont indiquées en euros dans la lettre de mission, aux côtés des éventuels honoraires, avant que quoi que ce soit ne soit signé.
Prendre le temps du premier échange
Un patrimoine se construit sur des décennies et se défait en quelques décisions. Le premier rendez-vous sert à vérifier les sept points ci-dessus et à voir si la manière de travailler vous convient, pas à signer.
Vous pouvez réserver un premier échange de trente minutes, ou commencer par lire les analyses publiées sur Patrimon'Île.
Sources
Code monétaire et financier, articles L. 541-1 et suivants, statut de conseiller en investissements financiers
Autorité des marchés financiers, guide sur MIF 2 pour les conseillers en investissements financiers
Registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance, orias.fr
Registre des agents financiers REGAFI, Banque de France
Contenu d'information générale à jour au 20 septembre 2026. Il ne constitue pas une recommandation personnalisée au sens de la réglementation applicable aux conseillers en investissements financiers.